Ces dernières années, les supérettes de proximité des grandes enseignes essaiment un peu partout. Faut-il les considérer comme des adversaires des acteurs locaux – boulangeries, boucheries, poissonneries, maraîchers… – de nos villes et villages ? Nous, nous pensons que ces commerces agissent plutôt en complémentarité.

Les supérettes de proximité : petites surfaces, haute croissance

Si vous avez l’impression de voir les Carrefour Express et autres supérettes de quartier pousser comme des champignons autour de vous, ce n’est pas une illusion. On peut bel et bien parler d’une explosion de ce type de commerce :

  • Depuis les années 2000 et surtout ces dix dernières années, les « mini-supermarchés » de moins de 600 m2 font l’objet de la plus grande croissance dans le commerce alimentaire.
  • Prenons l’exemple de Delhaize : en 2017, Delhaize comptait 720 magasins en Belgique. Et parmi les différentes enseignes du groupe, celles qui connaissent la plus forte croissance sont :
  • les Proxy Delhaize (surface moyenne 500 m2) : il y en avait 191 en 2011, aujourd’hui 234
  • Autre exemple : le groupe Carrefour et ses commerces de proximité Carrefour Express (surface moyenne 200 m2).
  • Fin 2005, il en existait 73 en Belgique.
  • En avril 2018, l’enseigne inaugurait son 300ème Carrefour Express franchisé.

 

Les voitures et le taux d’emploi des femmes, des facteurs décisifs

Pourtant, jusque-là, on notait une régression nette du commerce alimentaire de proximité. Ainsi, en Wallonie, le nombre de supérettes était passé de 2.392 à 1.887 entre 1995 et 2006. Cette diminution marquait la fin d’un long déclin amorcé déjà dans les Fabulous Fifties. Une décennie qui a vu décoller la vente des voitures. On comptait déjà près d’1 million de voitures privées vers le milieu des années 1960, et ce nombre n’a fait que s’accroître pour atteindre plus de 5.800.000 en 2018. Sans surprise, l’accessibilité en voiture et le parking sont devenus des critères prépondérants, favorisant le développement de grands commerces en  dehors des villes.

Mais les années 1950, c’est aussi la fin de l’époque où les femmes, peu présentes sur le marché du travail, disposaient de plus de temps pour leurs courses alimentaires. La ménagère allait du boucher au boulanger, en passant par le maraîcher. Les marchés occupaient une place importante dans les villes et villages.

Dès les années 1960, les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler. Vingt ans plus tard, en 1983, 36,3 % des femmes de 15 à 64 ans sont actives, et cette proportion est passée en 2017 à 68 %. Ce taux d’occupation en hausse constante, combiné à l’essor économique depuis cette même époque, explique grandement l’explosion des supermarchés et ensuite des hypermarchés. En effet, ces magasins répondent à une nouvelle demande : le consommateur veut désormais tout trouver au même endroit, afin de réduire au maximum le temps consacré aux courses. Ce phénomène dépasse d’ailleurs le cadre de l’alimentaire, puisque les hypermarchés vont proposer des rayons entiers de vêtements et autres produits non-alimentaires et qu’à cette même époque, les centres commerciaux vont eux aussi connaître un grand boom.

Ces modèles sont confrontés aujourd’hui à 3 types de concurrence :

 

Le retour du commerce de proximité

Eh oui, c’est le même commerce de proximité qui avait tant pâti de l’essor des grandes surfaces qui vient aujourd’hui ronger son chiffre d’affaires. Enfin, pas tout à fait le même : les épiceries traditionnelles ont été remplacées en grande partie par les commerces alimentaires sous enseigne cités ci-dessus. Mais pas que…

  • Nous constatons une revalorisation de la convivialité propre aux commerces de proximité. Ces derniers ont toujours été des lieux de contacts sociaux, et cet aspect fait un retour en force, ce qui explique aussi le renouveau récent des marchés.
  • Le rôle de conseiller du commerçant, qu’il soit boucher ou maraîcher (ou libraire), revient lui aussi au premier plan. Et celui-ci, comme le facteur social, sont à peu près absents de l’e-commerce.
  • Les consommateurs sont plus attentifs à l’impact environnemental de leur consommation ; ils sont dès lors plus demandeurs de produits locaux, en vrac et bio. Les épiceries et petits supermarchés bio sont d’ailleurs d’autres acteurs locaux en plein essor. Malgré les efforts des grandes enseignes pour ajouter des références bio à leur assortiment, les épiceries bio concentrent encore un tiers de la distribution des produits bio, et cette part n’a pas diminué au cours de la dernière décennie.

 

Les clés d’une cohabitation réussie entre acteurs locaux et commerces sous enseigne

Nous sommes convaincus que la cohabitation entre les acteurs locaux et les commerces alimentaires de proximité sous enseigne est tout à fait possible. Nous pensons qu’une concurrence saine et ouverte stimule la compétitivité des commerces ou entreprises et permet d’offrir aux consommateurs un plus large éventail de produits et de prix.

Mais une cohabitation réussie entre les différents acteurs économiques d’une ville ou d’un village repose aussi sur :

  • une collaboration entre ces différents acteurs, plutôt qu’une indépendance pure et dure. En effet, un magasin sous enseigne indépendant peut très bien s’approvisionner chez ces acteurs locaux et contribuer ainsi à promouvoir les produits du terroir (des fromages de ferme, des glaces artisanales…)
  • une différenciation dans les produits offerts aux consommateurs. Une épicerie locale pourra, par exemple, proposer une gamme de boissons très ciblée, différente d’une offre en boissons classiques sur laquelle elle sera forcément concurrencée par les supérettes sous enseigne.
  • une complémentarité dans les services offerts aux consommateurs : proposer un service de livraison des courses à domicile plutôt que d’essayer de rivaliser avec un concept « Collect&Go », par exemple. Est-ce le bon exemple car c’est très cher pour le petit commerçant, dans tous les cas plus cher que le collect&go…

Chercher des synergies, se montrer innovants et créatifs, être à l’écoute des besoins des consommateurs… que ce soit pour les commerces de proximité sous enseigne ou les autres acteurs locaux, ces paramètres sont essentiels à un développement positif dans un secteur alimentaire en pleine mutation.

 

Depuis toujours, GeoConsulting accompagne et analyse le développement du secteur alimentaire, tant pour les franchisés que pour les maisons mères (franchiseurs). Geoconsulting peut vous aider dans :

  • l’optimisation de votre point de vente, en réalisant un audit de votre magasin
  • une connaissance parfaite de vos clients et non clients via des analyses de comportements d’achats de vos consommateurs, par le biais d’enquêtes qualitatives
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  • ….

Nous vous invitons à nous contacter pour en discuter